Présente dans des outils de ressources humaines ou de formation, il paraît intéressant de s’arrêter un moment pour découvrir différents aspects liés à la pratique de l’autoévaluation. On peut considérer celle-ci comme une composante importante de l’« apprendre à apprendre », indissociable de la formation tout au long de la vie.

 

Qu’est-ce que l’autoévaluation

Le fait de s’autoévaluer s’apparente à poser un jugement qualitatif sur soi, à faire ressortir sa propre valeur perçue sur un élément donné. La difficulté de l’exercice réside à « sortir » de soi, pour comprendre comment notre degré de maîtrise serait évalué par des tiers reconnus dans le domaine. Par ce phénomène, l’autoévaluation, qui semble strictement centrée sur soi, demande en elle-même des compétences propres, telle que l’empathie, pour comprendre l’élément sur lequel on la réalise et comment celui-ci est perçu par d’autres.

Prenons l’exemple de la compétence « Effectuer des recherches pertinentes sur Internet », un geste réalisé quotidiennement.

Chacun.e de nous fait de nombreuses recherches généralement satisfaisantes au niveau des informations recueillies, la technologie actuelle nous facilitant la vie. Mais de temps à autre, nous nous retrouvons avec un besoin de connaissances plus compliqué à dénicher et c’est là que notre compétence entre réellement en jeu. En effet, ne perdons pas de vue que la machine nous assiste, et que nous utilisons aussi les compétences de celles et ceux qui l’ont programmée dans ces situations anodines.

Avant de pouvoir nous autoévaluer sur cette compétence, il va donc falloir comprendre à quels éléments elle fait référence. Ainsi, si je ne maîtrise pas la compétence, il est très difficile de la décomposer, en tout cas intuitivement.

Dans notre cas, nous pourrions décliner la compétence choisie en une série d’indicateurs comme :

  • Connaître différents moteurs de recherche et leurs avantages,
  • Identifier aisément les mots-clés utiles,
  • Utiliser des critères de recherche poussés (exclusion de mots, expression exacte, format particulier…),
  • Utiliser les fonctionnalités avancées du moteur de recherche (langue, pays, période…),
  • Obtenir des résultats utiles et utilisables dans un laps de temps acceptable.

Sans doute que quelqu’un avec un plus grand degré d’expertise en la matière pourrait compléter allégrement cette liste. Et nous pourrions estimer que le dernier indicateur laisse une marge d’interprétation trop grande !

Nos difficultés face à l’autoévaluation

Différentes études ont été réalisées sur la perception de soi face à une réalité objectivée. L’effet Dunning-Krugger met en évidence, que sur des tâches simples, dans nos contrées occidentales, nous avons tendance à surestimer notre performance lorsque nous sommes peu qualifiés, et à l’inverse, nous nous sous-estimons en gagnant de l’expertise.

Au-delà des discussions autour de ces études et de leur intéprétation, comme l’appuie cet article, il en ressort que l’autoévaluation est une pratique ni naturelle, ni universelle.

Il est donc nécessaire de prendre le temps de former les personnes dont on attend une autoévaluation pertinente.

L'autoévaluation, pas toujours évident... 1

Autoévaluation et autodiagnostic

Dans notre outil Uscope, nous avons mis en place deux éléments avec des visées différentes, un pour pratiquer l’autoévaluation, et l’autre pour ce que nous appelons l’autodiagnostic.

Chaque utilisateur.trice peut réaliser un autodiagnostic rapide sur un référentiel de compétences complet. Cela revient à dire qu’il est possible de se positionner sur de nombreuses compétences le temps de leur lecture !

A ne pas prendre pour argent comptant, cet exercice amène une vision globale de sa propre perception qui sera sans doute biaisée. Toutefois, il permet de prendre connaissance, voire conscience, des composantes d’une activité ou d’un job. Dans un cadre de formation, c’est une première lecture des attendus pour sa certification qui se réalise là.

D’autre part, l’autoévaluation prend place lorsqu’on lie compétences et activités documentées. Le chemin de réflexion, à travers l’analyse des traces récoltées, devrait permettre d’augmenter son recul pour mieux appréhender son niveau dans la compétence, et ainsi réduire le biais cognitif décrit plus haut.

autoevaluation

En offrant de comparer les deux approches, à la fois sur un instant donné, mais aussi dans le temps, nous espérons faciliter l’apprentissage du processus d’autoévaluation, en développant à travers une démarche réflexive d’autoévaluation, le reflèxe d’un autodiagnostic plus adéquat.

Enfin, Uscope propose un troisième outil, qui permet de renforcer un autodiagnostic ou une autoévaluation par l’identification d’exemples, décrits sous forme d’intentions et d’apprentissage. Cet élément donne à voir rapidement à l’expert.e le niveau de compréhension d’une compétence, et par extension, la valeur de celui de l’autodiagnostic.

Nous sommes loin d’une pratique inutile !

S’autoévaluer, ou mesurer ses propres compétences, est un exercice incontournable, tant nous y sommes confrontés régulièrement. Cependant, il est nécessaire de considérer qu’il s’agit d’un processus à part entière, méritant attention et formation.

Et dans la mesure où l’autoévaluation est un positionnement personnel, si possible décentré de soi, son premier rôle n’est-il simplement d’ouvrir la discussion autour de ses résultats ?